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La playlist running idéale (1/3) : la musique classique instrumentale

Publié par Auteur invité on 20/03/19 10:00
  

Série Sport & Musique, épisode 2

Aujourd’hui, on chouchoute vos oreilles de coureurs de fond et on vous aide à troquer votre bon vieux « bm-ts-bm-ts » contre une rivière de musique dite « classique », calibrée-foulée.

Durée totale : au moins 45 minutes

Quelques indications d’emploi liminaires:
  • « Mouvement » désigne une partie d’une œuvre, veillez bien à ne sélectionner que les parties indiquées,
  • Respectez l’ordre des morceaux, et ainsi les contrastes dans leur enchaînement,
  • Privilégiez des interprétations récentes pour des questions de qualité et d’homogénéité d’enregistrement (confort d’écoute).


1. Felix Mendelssohn - Concerto pour violon N°2 op.64

3ème mouvement : Allegro non troppo – Allegro molto vivace (6’15’’)

Avant un footing, on a besoin d’ouvrir ses poumons, sentir que l’air est frais et les oiseaux chantent (même sur la dalle de La Défense), bref, il faut du majeur, c’est-à-dire un mode joyeux, progressivement amené par une courte intro hors temps pour vous déplier. Dès la fin de celle-ci, vous commencerez à sautiller de manière irrésistible avec l’archet du violoniste, vous êtes légers, légers, sur un tempo déjà très allant. En outre, l’écriture dynamique vous permet de faire le plein de douce euphorie dès le premier round. Plus fort que le dopage.

 

2. Jean-Sébastien Bach - Suites Anglaises

1ère Suite BWV 806 : Allemande (2’10), Bourrée (2’15’’), Gigue (2’00’’)  

ou

2ème Suite Anglaise BWV 807 : Prélude (4’30), Allemande (1’30’’), Courante (1’10’’) Bourrée (1’30’’)

Après la formation symphonique et la fin brillante du morceau précédent, voici le piano seul pour une série de parties d’échecs « blitz » traduite en musique. Une structure parfaite, une maîtrise émotionnelle et une constance rythmique absolues (c’est Bach, quoi), ça tombe bien, vous en avez besoin pour canaliser votre énergie et stabiliser votre foulée. Cette maîtrise est l’un des dénominateurs communs souhaités pour cette playlist, en renfort du majeur, de l’allant et du dynamisme déjà installés.

Série Sport & Musique, épisode 1 (1/2)  

3. Benjamin Britten - Simple symphony op.4

2ème mouvement : Playful pizzicato (3’00)

L’expression « musique classique » au sens large est un abus de langage. En réalité, sur plusieurs siècles elle se décompose en périodes renaissance, baroque, classique (au sens strict), et romantique ; puis, le XXème siècle voit de nombreux sous-genres émerger. Pour élaborer une bande-son à courir, il est particulièrement difficile de piocher dans cette période récente, très changeante en humeur, tempo, etc.

On vous a tout de même extirpé cet exercice de style original de 1933 où l’ensemble de l’orchestre à cordes frottées joue sans l’archet, en utilisant la technique du pizzicato (pincement des cordes). Si les nuances sont nombreuses le tempo, lui, reste assez stable, parfois même en plantant des clous (vous allez reconnaître), ce qui nous arrange bien ici.

 

4. Jean-Sébastien Bach - Concerto brandebourgeois N°1 BWV 1046

1er mouvement : Allegro (4’00’’)

3ème mouvement : Allegro (4’00’’) – ‘pas trop foulé...

On retombe sur l’inévitable gardien de la sérénité en formation plus étoffée avec un concerto grosso, soit une œuvre pour orchestre et plusieurs solistes.

 

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5. W.A. Mozart - Concerto pour piano N°23 K488

3ème mouvement : Allegro Assai (8’00’’)

L’esprit du finale (dernier mouvement rapide d’une œuvre) convient au running car il garantit la vitesse suffisante du tempo tout en limitant (souvent) la surcharge émotionnelle, qui (souvent) a été déversée dans les premiers mouvements. On profite ici d’une forme de sensation libératrice par la simplicité, en somme.

A ce titre, le #1 de cette liste est également un finale, cas d’école : par contraste son 1er mouvement est hyper expressif et hyper connu. Non ? La fin / générique du film Les Visiteurs (« Cousin Hubeeert, mais qu’est-ce que c’est qu’ce binzzz ? ») ? Ca y est, vous l’avez.

Autre point commun : Mozart et Mendelssohn sont de grands pourvoyeurs de gammes au kilomètre (écoutez donc les concertos pour piano de Mendelssohn), ce qui est bien pratique à utiliser quand on est compositeur et qu’on travaille à la commande, mais aussi à écouter quand on court et qu’on recherche un certain détachement. Win-win.

 

6. Jean-Sébastien Bach - Le clavier bien tempéré, Livre 1 BWV 846-869

Fugues (sans préludes) #2, 11, 20, 21, 7 (env 10’)

Jean-Sébastien, le retour ; on s’autorise de petites entorses (musicales uniquement) mineures, à l’encontre de la première règle énoncée. Pourtant, vous n’êtes ni surpris ni dupes, vous entendez le Maître pour la troisième fois, vous avez bien vu qu’on était de parti pris, c’est tout à votre honneur.

Tant que vous y êtes, et puisque vous êtes en train de devenir de véritables experts du père Bach, pour vos futures playlists n’hésitez pas à faire votre marché dans les autres « Suites Anglaises » (il y en a 6 au total), les autres « Brandebourgeois » (pareil), mais aussi les « Suites pour violoncelle » (pareil), le 2ème livre du « Clavier bien tempéré », les Variations Goldberg, etc., en appliquant les principes que vous connaissez désormais. 

 

7. Schubert - Symphonie N° 5 D.485

1er mouvement : Allegro (4’50’’)

Les symphonies de Schubert sont de facture variable mais ce mouvement inspiré, simple et expressif rassemble de nombreuses qualités décrites plus haut pour vous accompagner sur le macadam ou en forêt. Une fois les chaussures raccrochées, vous jetterez bien volontiers une oreille aux trios, quatuors et autres impromptus dudit Franz.

 

8. Nicolo Paganini - Moto perpetuo

Adaptation Wynton Marsalis (4’30’’)

Pour conclure, on remonte un peu le niveau de fantaisie avec un autre exercice de style, celui du mouvement perpétuel qui consiste à caser le maximum de notes en un minimum de temps - c’est très schématisé, mais c’est pas faux. Qui plus est, avec une adaptation pour trompette qui nous fait nous demander : mais quand respire-t-il, ce bon monsieur ? Et par ricochet : pourquoi ce choix insensé quand l’une des conditions de survie à la course est justement de bien ventiler ?

Réponse : Ludique. Régulier. Stable. Banane. (rayez la mention inutile, ou pas)

Et puis c’est le dernier morceau, vous pouvez tout donner et recommencer à marcher si vous êtes cuits - et à vous étirer si vous faites partie des gens qui s’étirent.

 

Pour découvrir ma prochaine playlist, c'est ici : 

 Playlist running idéale (2/3) 

 

Je vous embarque cette fois-ci dans un univers ROCK !

 

Et au bout du compte, qu’est-ce qu’un footing sinon un mouvement perpétuel ? Cette profonde réflexion nous amène à prendre date pour une playlist d’un autre genre, littéralement. A très vite !

 

 

 

Tags: L'Entraînement

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