Écologie

Publié par Lisa-Marie le Apr 26, 2022 4:08:19 PM

Quel est l'impact du numérique sur l'environnement ? | Squadeasy

 

Le numérique représente 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. D’ici 2025, ce chiffre risque de doubler, surtout quand on connaît l’impact qu’a le digital à l’heure actuelle, suite à la crise sanitaire qui n’a fait accélérer ce processus. 

 

 

Les grandes sources de pollution numérique de l'environnement

Dans cet article, nous allons nous intéresser aux causes de la pollution numérique et vous donner quelques conseils afin de réduire votre empreinte carbone dans ce secteur. 

De plus, afin de prendre conscience de l'empreinte carbone produite par votre activité, vous avez la possibilité de mettre en place une stratégie RSE en commençant par un bilan carbone.

Le coût environnemental des appareils électroniques

Les appareils électroniques représentent une forte pollution environnementale. En effet, lorsque l’on prend en compte la chaîne de production puis le chemin parcouru des produits avant d’arriver en boutique, on peut se douter que l’impact environnemental est important. 

Exemple :

  • La fabrication d’un ordinateur portable comprend 2 kilos et émet 103 kg de CO2 (sur les 156 kg émis sur l’ensemble de son cycle de vie). 
  • -     600 kilos de matières premières sont mobilisés pour un ordinateur portable de 2 kilos
  • -     500 kilos de matières premières sont mobilisés pour une box internet
  • La fabrication d’un smartphone nécessite 70 matériaux différents (Sachant qu’il y a une dizaine d'années, les téléphones portables ne contenaient qu’une vingtaine de métaux). Selon l’ADEME : “Elle entraîne des modifications dramatiques des écosystèmes dûs aux rejets toxiques dans l'environnement. Cela émet des gaz à effet de serre et pollue l'eau, l'air et les sols".
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  • Il faut également prendre en compte l’épuisement des ressources naturelles (le bois, l’eau…) et les conditions de travail dans les mines. L’industrie du numérique représente 47% des émissions de gaz à effet de serre.

    Les infrastructures réseau

  • Les infrastructures réseau sont gourmandes en énergie car elles représentent le matériel qui permet aux ordinateurs de communiquer entre eux.

  • Les datas centers

  • Un data center ou centre de données est une infrastructure composée d’un réseau d’ordinateurs et d’espaces de stockage. Cette infrastructure peut être utilisée par les entreprises pour organiser, traiter, stocker et entreposer de grandes quantités de données. Les datas centers produisent environ 2,5 trillions d’octets par jour. 

    Greenpeace et l’université North China Electric Power ont publié une étude indiquant que : “À l'heure actuelle, les centres de données chinois utilisent un mix énergétique composé à 73% de charbon, à 23% d'énergies renouvelables et à 4% d'énergie nucléaire”. Contrairement à la France, la Chine utilise massivement le charbon.

    Les émissions produites par les datas centers sont importantes car, pour fonctionner, elles ont besoin de beaucoup d'électricité qui provient majoritairement du charbon, mais notamment une forte consommation d’eau qui permet de stocker les données.

 

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L’impact des objets connectés sur l’environnement


La 5G moins énergivore que la 4G : en route vers le progrès ?

 

Il apparaît que la 5G sera bien plus efficace que la 4G mais sera également plus énergivore (consomme beaucoup d’énergie). 


Le 13 septembre 2020, 68 élus écologistes ont signé une tribune et lancé une pétition adressée à Jean Castex, l'actuel Premier Ministre. Dans un texte intitulé "5G, numérique, nous voulons un débat démocratique". Ces élus réclament un moratoire sur le déploiement de la 5G jusqu'à l'été 2021. 

 

Dans cette pétition, ils démontrent un grand nombre d'arguments: “la technologie 5G est conçue pour permettre des débits dix fois supérieurs à la 4G sur les smartphones, mais son déploiement en France aboutira à un "effet rebond" par la hausse de la consommation de données et d'usage des télécommunications, synonyme d'une très forte consommation d'énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs” . De plus, ils anticipent un épuisement des ressources renouvelables, une pollution de l’eau et la destruction des sols. Leurs arguments sont également partagés par l’astrophysicien Aurélien Barreau

 

De plus, de nombreux téléphones portables ne seront pas compatibles avec la 5G. Cela veut dire que les consommateurs vont devoir racheter un nouveau smartphone. Comme l’indique Frédéric Bordage (fondateur de GreenIT) : “On va avoir une accélération artificielle de l'obsolescence des terminaux 4G qui va se payer très cher d'un point de vue environnemental. Ce sont des milliards de smartphones à l'échelle de la planète".

En effet, comme nous l’avions évoqué en début d’article, il est clair que la fabrication et la distribution, puis la consommation des smartphones, représentent une consommation d’énergie considérable. 

 

Pollution numérique en France : qu’en est-il ?

L’empreinte carbone française réalisée en grande partie à l’étranger

Dans un rapport rédigé en juin 2020 par le Sénat, il indique que : “ 80% de l’empreinte carbone du numérique des Françaises et des Français est en fait émise à l’étranger, par la fabrication des terminaux et les data centers qui traitent nos données.”

La pollution numérique ne se limite pas aux gaz à effet de serre

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le numérique a un impact direct sur l’environnement. 

L’extraction des matières premières et la fabrication du numérique sont réalisées dans les pays en voie de développement. La phase de fabrication d’un appareil électronique est la phase la plus énergivore et la plus émettrice en CO2. De même, la production des équipements technologiques sophistiqués nécessite des traitements et des métaux rares tel que le tantale ou le tungstène.

De plus, comme la visualisation de 30 minutes de streaming vidéo sur Netflix, l'impact climatique du streaming vidéo reste relativement modeste. En effet, selon l'Agence internationale de l'énergie (IEA), regarder 1 heure de vidéo en streaming sur Netflix revient à émettre 36gCO2 (sachant qu'un trajet Paris New-York en avion équivaut à 1,4 tonne de CO2).

 

Comment réduire l’impact du numérique sur l’environnement à l’échelle individuelle ?

Eviter d’acheter des appareils électroniques neufs

Pour réduire l’impact environnemental, privilégiez l’allongement de la durée de vie de vos équipements informatiques.
On sait que les fabricants misent sur l'obsolescence programmée afin de nous pousser à acheter des produits (fragilité des objets, coût exorbitant des réparations, indisponibilité des pièces détachées, marketing agressif…).

Pour éviter de céder face aux différentes parades des fabricants, voici quelques conseils recommandés par Greenpeace:

-     Ne pas céder face à la publicité : Tant que votre appareil fonctionne, pas besoin d’en acheter un nouveau. 

-     Essayez de réparer votre appareil lorsqu’il se casse : Peut-être est-il encore sous garantie ? Si la réparation est trop coûteuse, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un repair café. 

-     Achetez des appareils d’occasions (reconditionnés) 

Éteindre les sources énergivores inutilisées

D’autres alternatives sont disponibles afin que vous puissiez réduire votre consommation.
Exemple : 

  • -     L’achat de téléviseurs 4K et 8K est à éviter (optez pour un téléviseur reconditionné ou un téléviseur standard)
  • -     Adaptez la résolution de votre écran : privilégiez une résolution basse via les paramètres qui sont à votre disposition
  • -     Bloquez la lecture automatique des vidéos sur les réseaux sociaux. 
  • -     Évitez les objets connectés
  • -     Éteindre votre box la nuit et durant vos absences

Supprimer ses mails : un acte engagé ?

Vider sa boîte mail est une bonne action, c’est une première étape vers des actions plus ambitieuses, comme l’indique Françoise Berthoud :“On a tout gagné si une personne commence par nettoyer sa boîte mail, puis, s’intéressant au sujet, se porte ensuite vers des actions plus ambitieuses”.

 

Les textes de loi encadrant la pollution numérique

Loi “REEN” : réduire l’empreinte environnementale du numérique

 

La loi REEN du 15 novembre 2021 est inspirée des préconisations du rapport de la mission d'information sur l'empreinte environnementale du numérique

Ce texte s’articule autours des objectifs suivants :

Alerter sur l’impact environnemental du numérique

Pour faire prendre conscience de l’impact environnement du numérique, la loi prévoit : 

  • -     Une formation à la sobriété numérique dès le plus jeune âge à l’école ainsi qu’à l’entrée à l’université à partir de la          rentrée 2022.
  • -     Un module sur l’écoconception des services numériques pour les formations d’ingénieur en informatique.
  • -     Un nouvel observatoire des impacts environnementaux du numérique, place auprès de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et de l’autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP).
  • Limiter le renouvellement des appareils numériques

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  • La fabrication des terminaux numériques (smartphones, tablettes, ordinateurs …) représente 70% de l’empreinte carbone du numérique en France. Pour allonger la durée de vie des produits, il est prévu par exemple:

  • -    de rendre plus opérationnel le délit d’obsolescence programmée
  • -    de renforcer la lutte contre l’obsolescence programmée
  • -    d'informer le consommateur des caractéristiques essentielles de chaque mise à jour de son appareil numérique

De plus, la loi interdit aux fabricants : 

-     de rendre impossible la restauration de l’ensemble des fonctionnalités d’un terminal réparé ou reconditionné

-     les techniques empêchant le consommateur d’installer les logiciels ou les systèmes d’exploitation de son choix sur son appareil au bout d’un délai de 2 ans.

 Promouvoir des datacenters moins énergivores

Sur amendement du gouvernement, les opérateurs de communications électroniques devront publier des indicateurs clés récapitulant leurs engagements en faveur de la Transition Écologique.

Élaborer des stratégies territoriales numériquement responsables

Les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) devront intégrer l’enjeu de la récupération de chaleur des centres de données. À partir de 2025, les communes et leurs intercommunalités de plus de 50 000 habitants devront élaborer une stratégie numérique responsable.

La loi du 23 Décembre 2021 : la régulation environnementale par l’ARCEP


Ce texte vient compléter la loi REEN, il reprend l’article 16 de la loi “Climat et résilience”du 22 août 2021, dont l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030, dans un esprit de justice sociale.

 

 

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